Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 16:50

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Le 31 mars dernier, le projet de loi immigration, intégration et nationalité est venu compléter la panoplie législative imposée par la droite en matière de contrôle de l’immigration. Il s’agit du sixième texte de loi depuis 2002, ce qui signe avant tout l’échec idéologique de la droite à répondre au défi posé par les migrations à travers un prisme sécuritaire.

 

Et l’Europe ne doit pas servir de prétexte au durcissement des politiques migratoires. Ce projet de loi, qui transcris trois directives européennes, dont la directive retour, ne contraignait en aucun cas la France à restreindre encore plus les droits des étrangers. La rétention administrative est allongée, consacrée et banalisée. La procédure d’éloignement sera fluidifiée pour l’administration, lui permettant d’éloigner sans contraintes, et complexifiée pour les étrangers, qui auront le plus grand mal à faire valoir leurs droits élémentaires. Il est grand temps de rompre avec cette logique de criminalisation de l’immigration. Fouler le sol d’un pays n’est pas un délit. Travailler sans papier n’est pas un crime. Il faudra imposer l’idée que « immigration » et « procédure pénale » ne soit plus systématiquement associé.

 

Ce texte est également une offensive contre la justice et ses principes. En réduisant les pouvoirs du Juge des Libertés et de la Détention, c’est au contrôle de légalité de l’enfermement que la droite s’attaque. Ce n’est une surprise pour personne, le pouvoir en place en veut à la justice et aux juges, taxés en l’état de laxisme à l’égard des étrangers. Nous ne saurions accepter qu’une justice administrative se substitue à une justice civile, dont l’indépendance est essentielle. N’oublions pas que le droit des étrangers, dont la droite entretien l’opacité, a trop souvent servis de laboratoire à certaines dispositions iniques que l’on retrouve aujourd’hui dans notre code pénale….

 

Depuis près de 10 ans, la droite a également décidé de s’attaquer à l’asile, pourtant consacrée par la Convention de Genève. Un droit antique, dont se prévalait déjà les cités grecques. Le « bannissement » est une étape supplémentaire dans le démantèlement de ce droit. De même que la possibilité, offerte aux préfets, de créer des « zones d’attentes flottantes », véritable espace de non droit, en tout point du territoire, régies par l’arbitraire. A l’inverse, nous proposons de rendre inaliénable le droit d’asile, en réformant en profondeur sa procédure afin de la rendre plus effective. Il est donc urgent d’abroger toutes les formes de procédures rapides pour le traitement des demandes d’asile (comme les procédures prioritaires) car elles ne garantissent pas l’accès aux droits. Les demandeurs d’asile se voient expulsés dans leurs pays d’origine avant même d’avoir pu exercer leur droit de recours.

 

A l’inverse, nous proposons de rendre inaliénable le droit d’asile, en réformant en profondeur sa procédure. L’asile doit faire l’objet d’une décision collégiale et transparente, privilégiant le récit de vie du réfugié, dont la singularité et l’histoire ne sont que trop rarement pris en compte. Tout demande d’asile doit faire l’objet d’une égalité de traitement, quel que soit le pays duquel le demandeur ressort. Il faudra également élargir les critères pour prendre en compte certaines situations particulières : les femmes qui subissent l’excision sont elles aussi des réfugiés politiques.

 

La mobilité est un droit et les migrations circulaires représentent l’avenir des migrations. Le Gouvernement veut l’instabilité et l’insécurité des migrants. Nous affirmons au contraire que l’immigration est une richesse. Nous devons au contraire sécuriser leur parcours et pérenniser leur séjour pour leurs donner les clés d’une intégration réussie et acceptée.

 

Nous devons au contraire sécuriser leur parcours et pérenniser leur séjour pour leur donner les clés d’une intégration acceptée et consentie. Aujourd’hui les flux migratoires sont davantage supportés pays du continent africain, et non par l’Europe – et plus précisémet la France. C’est pourquoi, le Mouvement des Jeunes Socialistes doit promouvoir les politiques de coopération et de développement.

Par MJS 34 - Publié dans : Convictions
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 16:42

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Le gouvernement ouvrira dans quelques jours un nouveau débat sur l’avenir des retraites, marquant ainsi l’échec patent de la réforme Fillon de 2004. Si Nicolas Sarkozy annonce que toutes les pistes seront discutées, il nous explique déjà qu’il faudra travailler plus longtemps. Pour appuyer leurs arguments, les libéraux n’hésitent d’ailleurs pas à inventer les chiffres les plus farfelus sur le montant du déficit des caisses de retraites. En effet, les projections que l’on nous présente sont très incertaines et ne prennent pas en compte le regain démographique de ces dernières années, autant de cotisations futures… Pour eux, il n’y a qu’une voie possible, celle de l’allongement de la durée des cotisations.

 


C’est sur notre génération que reposera le financement du système de retraite dans les années qui viennent. C’est pour cela que nous avons notre mot à dire sur l’avenir du système de retraite.. Il a besoin d’être réformé, car au-delà du déficit et du financement, aujourd’hui 1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50% ont une retraite inférieure à 1000€.

 


Nous nous opposons frontalement au projet de l’UMP parce que nous pensons que d’autres alternatives existent pour pérenniser et améliorer notre système de retraite par répartition, hérité du Conseil national de la résistance au sortir de la seconde guerre mondiale.

 

L’allongement de la durée de cotisation n’est pas une fatalité

Une volonté tenace d’augmenter la durée de cotisation

 


L’UMP pose un préalable à la discussion qui s’ouvrira avec les syndicats : l’augmentation de la durée de cotisation. Cet objectif s’inscrit dans la lignée des réformes que la droite a entreprises ces vingt dernières années.

 


En 1993, le gouvernement Balladur s’était attaqué aux retraites des salariés du privé, faisant ainsi passer le nombre d’anuités nécessaires pour percevoir sa retraite à taux plein de 37,5 à 40. Ce gouvernement a aussi modifié le calcul des montants des retraites, prenant en compte depuis cette époque sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures auparavant.

 


En 2003, Fillon s’est attaqué aux salariés du public faisant augmenter la durée de cotisation à 40 annuités en 2008. Mais ce sont en réalité tous les salariés qui étaient visés, puisque cette loi prévoyait que les salariés du public comme du privé devraient cotiser 42 ans à partir de 2012, 43 ans en 2020, et même 44 ans en 2040 ! .La loi Fillon prévoit aussi que la durée de cotisation peut être augmentée en fonction de la situation financière…
 

En 2008, le gouvernement s’est également attaqué aux régimes spéciaux, allongeant pour ces salariés de la même manière la durée de cotisation.

 


Ces réformes de la droite ont chaque fois été marquées par des mouvements sociaux d’ampleur démontrant la forte opposition des salariés aux régressions organisées par la droite et le MEDEF.. En 1995, le gouvernement Juppé, avait déjà tenté de s’attaquer aux régimes spéciaux et aux retraites de la fonction publique, mais il avait du renoncer devant la mobilisation massive des salariés.

  


Ces réformes ont des conséquences désastreuses pour les salariés de tous les secteurs. Le Conseil d’Orientation pour les Retraites (COR), estimait en 2007 que les effets des réformes de 1993 feraient diminuer à 59% du salaire moyen la retraite nette moyenne en 2030 alors qu’elle était de 78% en 1993.

 

Aujourd’hui la droite s’appuie sur le déficit du système de retraite pour engager ces réformes, mais depuis des années, les politiques menées qu’elle a menée ont aggravé ce déficit ; à travers les exonérations de cotisations patronales, les politiques publiques en faveur des emplois à bas-salaires ou encore le chômage de masse qu’elle refuse d’endiguer ou la répartition entre le capital et le travail de plus en plus défavorable aux salariés.

 

Augmenter la durée de cotisation, diminuer le montant des pensions

La droite raisonne de manière simpliste, estimant que les salariés peuvent faire le « choix » de rester plus longtemps en activité dès lors qu’ils veulent toucher leur retraite à taux plein. Pourtant, 60% des salariés du privé qui prennent leur retraite ne sont plus en activité au moment de liquider leurs droits. Ils sont chômeurs, en maladie ou en invalidité.
Dans le privé, malgré les réformes de la droite, le nombre d’annuités cotisées pour partir en retraite reste de 37.

 
L’augmentation du nombre d’annuité n’a donc qu’un effet, celui de diminuer le montant des pensions de retraites, les salariés ne pouvant cotiser suffisamment pour toucher une retraite à taux plein..

La durée de vie augmente parce qu’on travaille moins vieux

  


Pour justifier cette augmentation de la durée de cotisation la droite et le MEDEF s’appuient un argument simple : pourquoi ne pas travailler plus longtemps puisque nous vivons plus vieux ? Sauf que l’argument est fallacieux, c’est bien parce que la retraite a été mise en place que nous vivons plus vieux ! Le nombre de maladies liées au travail augmente avec l’âge : A partir de 55 ans, 2 maladies sur 5 sont liées au travail et 3 sur 5 à partir de 60 ans. D’autre part, ce qu’oublie de préciser la droite, c’est que l’espérance de vie en bonne santé est plus faible que l’espérance de vie ; elle est de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes.

 

En somme, ce que propose l’UMP c’est de travailler tant que l’on est valide, exactement comme avant que le système actuel des retraites soit mis en place. C’est donc une véritable régression, sous couvert de modernisation, un grand bon en arrière, que nous propose la droite. Pour nous, la retraite est un droit fondamental, car nous ne considérons pas que le travail doive occuper toute la vie des individus. La baisse du temps de travail est un combat majeur du mouvement ouvrier. La retraite permet de se consacrer aux loisirs, à l’engagement politique ou associatif…

Travailler plus pour que les autres travaillent moins ?

En période de crise, avec 5 millions de chômeurs, il est aberrant de vouloir faire travailler les salariés au-delà de 60 ans. La droite refuse le partage du temps de travail et ne permet pas à ceux qui sont privés d’emplois –les jeunes et les femmes étant les plus touchés- de pouvoir en trouver.

Défendre la retraite à 60 ans à taux plein

60 ans, c’est l’âge légal à partir duquel les salariés ont le droit de prendre leur retraite. Parce que la droite a allongé la durée de cotisation, elle tente aujourd’hui de nous faire croire que retarder l’âge légal de la retraite n’aurait aucune incidence. Pourtant, selon le COR, le nombre de salarié qui prennent leur retraite le mois de leur 60e anniversaire est passé de 43,8% en 2003 à 44,7% en 2006, malgré les décotes qui diminuent le montant des pensions. Décaler l’âge légal de départ en retraite à 61 ou 62 ans, empêchera les salariés qui ont suffisamment cotisé de pouvoir prendre leur retraite et en maintiendra une majorité au chômage.

 


Pour la droite, il faut rompre avec l’idée que l’on peut partir en retraite à 60 ans pour inciter les salariés à rester en activité plus longtemps.

  


En voulant reculant l’âge légal, la droite espère aussi pouvoir retarder le deuxième âge légal de 65 ans. Il s’agit de l’âge à partir duquel un salarié qui n’a pas cotisé « l’ensemble des trimestres nécessaires » peut partir en retraite à taux plein. Alors que les parcours professionnels sont de plus en plus marqués par des périodes de chômages -particulièrement pour les jeunes- ce droit est indispensable. Nous défendons pour toutes ces raisons la retraite à 60 ans à taux plein.

 

Les fausses-bonnes solutions

Pensant trouver le remède miracle au problème de financement du système de retraite, des économistes préconisent la mise en place de retraites par point ou de comptes notionnels. Avec ce type de système, le calcul des retraites ne s’effectue plus selon les 25 meilleures années (dans le privé) ou sur les 6 derniers mois (dans le public) mais sur la base de toute la carrière. Mais, selon le COR, ces systèmes verraient en moyenne une baisse de 15% du montant des retraites.

 

Dans le système de retraite par point, les cotisations prélevées sur le salaire servent à « acheter » des points. Le montant de la retraite n’est pas fixé et dépend de la valeur des points que l’on ne connaît pas au préalable. On ne prend en compte que le montant des cotisations versées, sans tenir compte du temps passé au travail. Dans ce système, l’âge de départ en retraite ne sert donc plus à rien…

 

Pour les comptes notionnels, le salarié engrange chaque année un « capital virtuel ». Le calcul du montant de la retraite prend en compte ce capital et l’espérance de vie de la génération du futur retraité au moment de son départ en retraite. Plus l’espérance de vie est importante, moins le montant de la retraite est élevé. Là-aussi pour augmenter le montant de sa retraite, il faudra donc travailler plus longtemps. Ce système de retraite est un véritable nivellement par le bas.

 

Contrairement aux arguments avancés par les partisans de ce système, le calcul du montant de la retraite ne serait pas plus favorable aux salariés cantonnés pendant toute leur carrière au SMIC (le calcul sur les 25 meilleures années ou sur toute une carrière étant le même) mais pénaliserait ceux dont la carrière a progressé (le calcul sur quarante années leur étant moins favorable).

 

Ces deux systèmes insèrent une part importante d’individualisation dans le calcul des retraites et copient dangereusement le système de retraite par capitalisation. Au contraire de ces systèmes, nous voulons renforcer le système par répartition issu du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) qui fait jouer la solidarité entre les salariés et les générations.

 

Un autre écueil qu’induiraient des modifications du système de retraite, serait de faire de la pénibilité l’alpha et l’oméga de toute réforme. S’il est indiscutable que la pénibilité doit être prise en compte dans les conditions de travail des salariés, son intégration au calcul du départ de l’âge à la retraite paraît difficile. En effet, selon quels critères intégrer la pénibilité et comment la prendre en compte dans le calcul de la retraite ? La fameuse réforme Fillon de 2004 était sensé « préserver et sauver » notre système de retraite par répartition ! On a vu ce qu’il en est advenu 6 ans après… De plus, elle devait aussi ouvrir une grande négociation sur la définition et la prise en compte de la pénibilité: elle n’a également jamais eu lieu ! 

 

Quelles solutions pour préserver et financer notre système de retraite par répartition ?

Augmenter le montant des cotisations et les déplafonner

Selon les prévisions du COR, il faut que l’on augmente le montant des cotisations de 0,37 points par an pour que le système de retraites soit viable à l’horizon 2040. Il faut donc augmenter de 0,12 points les cotisations salariales et de 0,25 points les cotisations patronales. Cette augmentation du montant des cotisations doit s’accompagner d’une augmentation des salaires pour rendre cet effort supportable, ce qui est d’ailleurs la solution plébiscitée par les français, plutôt que d’augmenter la durée de cotisation. Il faut aussi déplafonner les cotisations vieillesse afin d’augmenter les recettes du système des retraites.

Mettre tous les revenus à contribution

Par le biais de dispositifs dérogatoires spécifiques (niches sociales), des revenus sont exempts de cotisations patronales : intéressement, participation, primes, épargne salariale, stock options, bonus…Ces revenus doivent donc être mis totalement à contribution pour participer au financement des retraites.

 

Stopper les exonérations de cotisations

Nicolas Sarkozy a multiplié les exonérations de cotisations sociales pour les employeurs (exonération de cotisation sur les heures supplémentaires, contrat aidé…). Pour 2008, le montant de ces exonérations est de 30,7 milliards d’euros. Ils représentent donc une marge de manœuvre considérable.

 

Lutter contre le chômage de masse

Aujourd’hui 5 millions de salariés sont privés d’emploi, c’est donc autant de cotisations sociales qui n’alimentent pas le système de retraite et de protection sociale. Selon la CGT, 4,5 million d’emplois supplémentaires équivaudrait à 22,5 milliards d’euros de cotisations supplémentaires en 2010. Il est donc urgent de mener une réelle politique en faveur de l’emploi

 

Prendre en compte les années d’étude dans le calcul de la retraite

Parce que nous considérons que l’augmentation nécessaire du niveau de qualification ne doit pas être pénalisant, et qu’au contraire l’augmentation du nombre de diplômés profiterait à l’ensemble des salariés, nous pensons qu’il est indispensable de prendre en compte les années d’étude dans le calcul des annuités pour la retraite afin de permettre de prendre pleinement sa retraite à 60 ans.

 

Les résultats des élections régionales ont démontrés que les salariés attendent une autre politique du gouvernement. Dans la rue mardi 23 mars, 800 000 personnes ont manifesté pour la retraite à 60 ans. Il ne suffira pas à Nicolas Sarkozy de remplacer Xavier Darcos par Eric Woerth, c’est une réforme ambitieuse des retraites qu’il faut mener, qui renforce la solidarité et qui met tous les revenus à contributions, pour permettre à tous les retraités de vivre décemment.

Par MJS 34 - Publié dans : Convictions
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 16:39

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Il aura fallu attendre que la Grèce (et, plus généralement, la zone Euro) soit au bord du gouffre pour que l’Europe se décide enfin à réagir. Mis en œuvre dimanche, le plan de sauvetage en faveur de la Grèce, élaboré par le Fond Monétaire International et les états membres de l’Union Européenne, a permis aux autorités de ce pays de reprendre leur souffle, et à tous les pays Européens, également victimes d’attaques spéculatives sans précédant, de respirer – un peu – plus librement.

 

Plus généralement, cette crise grecque est le triste symptôme d’une Union Européenne impuissante, incapable de gérer une crise de ce genre et de se protéger efficacement contre les ravages de la spéculation. Il a fallu pas moins de trois sommets des chefs d’état de l’UE pour décider d’un sauvetage de la Grèce, alors que moins de deux ans auparavant, les capitales européennes avaient déboursé des sommes autrement plus importantes dans un temps beaucoup plus réduit pour secourir les banques, alors en grande difficulté. C’est avant tout les tergiversations électoralistes et nationalistes (à droite comme – hélas – à gauche) qui ont retardé le processus d’aide, et par là même augmenté de manière tout à fait irresponsable la facture finale.

 

L’attitude d’Angela Merkel lors des discussions est à cet égard révélatrice : plutôt que de mettre la main au porte-monnaie, la chancelière allemande aurait volontiers abandonné les Grecs à leur triste sort, allant jusqu’à suggérer leur exclusion de la zone euro. Mais les records de faiblesse de l’euro enregistrés ces dernières semaines, les intérêts des grandes banques allemandes (et françaises) en Grèce, et la menace réelle de voir la Grèce entraîner rapidement dans sa chute d’autres Etats comme le Portugal, l’Italie voire même l’Espagne, quatrième économie de la zone, ainsi que le FMI ont semble-t-il forcé Mme Merkel à finalement agir.

 

La solution trouvée dimanche n’est cependant ni la plus efficace ni la plus avantageuse pour la Grèce. D’abord parce qu’elle est conditionnée à la mise en œuvre d’une cure d’austérité sans précédent, qui aura des conséquences dramatiques pour la population grecque, et sape tout espoir de reprise économique en faisant entrer le pays dans une spirale récessive. Ensuite, en raison du taux élevé des prêts bilatéraux consentis : le taux choisi de 5%, certes inférieur au taux auquel la Grèce devrait emprunter sur les marchés (qui a récemment dépassé les 12%), est près de 2% au-dessus du taux du Bund allemand, généralement pris pour référence. Les Etats membres créanciers se prennent donc au passage une petite prime de risque.

 

De plus, de meilleures options existaient. Il était politiquement possible de s’appuyer sur l’article 122.2 du traité de Lisbonne, qui prévoit la possibilité pour l’Union d’accorder une aide financière à un Etat membre connaissant « des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés », ne donne en effet aucune précision quant à la forme de cette aide. Les Ministres des finances de la zone euro auraient donc pu faire preuve d’un plus grand volontarisme politique en permettant le financement à taux réduit par la BCE de la dette grecque (opération effectuée par la Fed en 2009), comme cela a été fait pour les banques, ou en décidant de mutualiser cette dette par le rachat à un taux unique des obligations grecques par les Etats membres les plus solides.

 

Enfin, au-delà de la réponse à l’urgence, des réformes plus profondes demeurent nécessaires, en particulier la refondation d’un pacte de stabilité et de croissance orienté vers le soutien à l’investissement, la création d’un Fonds monétaire européen, la mise en place d’une agence de notation publique des dettes souveraines et à une nouvelle règlementation internationale de la finance.

 

Le choix d’une stratégie de rigueur plutôt que de relance imposée par la zone euro à la grèce est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient comme la première étape d’une réaction de la droite européenne. La lettre commune d’A. Merkel et de N. Sarkozy ainsi que l’annonce par François Fillon d’un gel des dépenses publics ne laissent aucun doute : la droite européenne fait le choix de se plier par avance aux exigences des fonds spéculatifs, au détriment des peules et la croissance européenne.

 

Le Mouvement des Jeunes Socialistes tient en outre à faire remarquer que l’Europe ne mérite pas d’être constamment cataloguée comme le mauvais élève en matière de finances publiques : le Japon ou encore les Etats-Unis ont par exemple un déficit bien plus important que la moyenne de la zone Euro. Tout le problème réside donc dans le manque patent de coordination économique au sein de l’Union Européenne. Ainsi, parce que nous sommes des européens exigeants et convaincus, porteurs d’une Europe fédérale et réellement démocratique, l’idée de voir renvoyer un pays européen au FMI nous paraît être, plus encore qu’une vraie humiliation, un contresens total.

 

Pour toutes ces raisons, les jeunes socialistes appellent la famille socialiste à ne pas perdre de vue l’idéal européen. La crise grecque est un exemple de plus de la nécessité du combat pour une Europe politique, qui dépasse de beaucoup les postures de façade, souvent liées aux seuls contextes nationaux.

Par MJS 34 - Publié dans : Convictions
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 16:34

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La fiscalité est un défi majeur de la gauche pour les années à venir et pour 2012. Dans une société dans laquelle les inégalités et les injustices se creusent, nous voulons faire de la fiscalité l’arme absolue de la justice sociale. Car parler fiscalité, c’est avant tout parler de notre choix de société.

 

 

Quand la droite s’efforce à démanteler notre système fiscal et à creuser le déficit en faisant de façon ostentatoire des cadeaux à ses amis (l’augmentation des niches fiscales, le bouclier fiscal, réduction de la TVA dans le secteur de la restauration, l’exonération des heures supplémentaires, suppression de l’impôt sur les sociétés), nous proposons de repenser totalement notre fiscalité afin d’assurer une meilleure redistribution des richesses. Au cœur de notre nouveau modèle de développement, nous ne parviendrons à une société plus juste et solidaire, soucieuse de la justice sociale et d’un développement durable que par une véritable révolution fiscale.

 


Cette révolution passera par une rupture et une transformation totale du système tel qu’il est devenu.

 

Nous voulons utiliser la fiscalité, bras armé de la puissance publique, pour mieux redistribuer les richesse et rétablir une justice sociale mise en brèche par la droite et répondre en enjeux environnementaux. Nous proposons d’utiliser l’impôt pour répondre aux grands défis écologiques : modulation de le TVA en fonction de l’impact environnemental des produits. L’impôt sur les société sera lui, ajusté en fonction du respect des normes sociales et environnementales des entreprises et à l’affection des bénéfices. Cet impôt devra être fondamentalement progressif.

 

En outre, les inégalités de patrimoines sont presque dix fois plus élevées que les inégalités de revenus. La fiscalité du patrimoine contribue à la réduction de celles ci et permet de lutter efficacement contre la société de rentiers et d’héritiers que met en place la droite. Une fiscalité juste et de gauche sera une fiscalité qui assume taxer davantage le patrimoine et de défaire les avantages injustifiés entraînés par le bouclier fiscal. L’ISF doit aussi être repensé en y intégrant une taxation importante non seulement du capital mais surtout aux revenus du capital.

 

En effet, notre système fiscal ne contribue plus assez à la réduction des inégalités et se trouve dans une situation inédite par rapport aux autres pays développés. La taxation fiscale et sociale des revenus a, par la faute des gouvernement de droite successifs, perdu son essence redistributive, alors même que l’impôt sur la consommation, pèse inégalement sur les foyers. Nous nous devons de rétablir une véritable progressivité dans l’imposition des revenus par la création d’un grand impôt citoyen progressif, fusionnant l’IRPP et la CSG. Outre la création d’un seul grand impôt progressif prélevé à la source, on favoriserait une plus grand visibilité de l’ensemble des impositions sur le revenu.

Par MJS 34 - Publié dans : Convictions
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 16:20

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Un défi majeur s’ouvre aujourd’hui aux socialistes, celui d’inventer un nouveau modèle de développement et de promouvoir un système plus juste et solidaire afin d’assurer véritablement la régulation économique et financière, la stabilité mondiale, une croissance stable, durable et partagée. La mondialisation, la dérèglementation, le libre échange absolu ont des conséquences lourdes sur les populations mondiales (crise économique, endettement chronique, explosion des inégalités et de la pauvreté..). Le système capitaliste néolibéral reposant sur les inégalités est un système injuste, non respectueux de la personne, et n’assure en rien l’équilibre nécessaire de l’économie, et ne permet d’atteindre les objectifs d’un développement durable dans toutes ses composantes.

 

 

Aussi, l’effondrement de la social démocratie nous montre à quel point elle ne peut répondre efficacement à ces deux objectifs: la transformation sociale mais aussi l’émancipation individuelle et collective des individus. Cette crise s’expliquant en partie par une rupture démocratique de la social démocratie avec les classes populaires, qui ne se reconnaissent plus en celle ci, et par le manque de propositions et d’alternatives ambitieuses émanant directement des partis sociaux démocrates.

 

 

Face à ce constat alarmant, il est donc nécessaire de promouvoir une nouvelle alternative, d’inventer des outils nouveaux qui nous permettrons de faire primer sur la scène internationale les valeurs de solidarité, de démocratie et de progrès social! Les Jeunes Socialistes rappellent ainsi leur engagement pour l’émergence d’un nouveau modèle de développement qui contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations mondiales, en refondant l’égalité entre les pays les moins avancés, ceux en voie développement et les pays riches par le biais de véritables politiques de co-développement, notamment à travers un réel partenariat avec les pays africains. Le droit au travail décent est un droit fondamental pour tous les peuples, l’annulation de la dette des pays pauvres les plus endettés est une exigence.

 

 

Afin d’éradiquer la pauvreté mondiale, la création d’outils comme un impôt juste et donc d’une fiscalité internationale, des programmes sociaux (sécurité sociale, allocation chômage), sont indispensables. Nous nous donnons également pour objectif d’atteindre 0,7% d’aide publique au développement (le montant de l’aide publique était de 0,39% en 2008). La prise de mesures d’encadrement des marchés et la création d’une taxe sur les transactions financières s’imposent. Pour cela, la transformation et la démocratisation des organisations internationales (FMI, Banque Mondiale, ONU, OMC) fortement contestées aujourd’hui pour leur manque de transparence et de démocratie est une étape primordiale.

 

 

Les Jeunes Socialistes entendent ainsi combattre les inégalités et les injustices que nous connaissons aujourd’hui dans le monde en apportant des réponses progressistes afin de promouvoir un nouveau modèle de développement et de changer le système actuel par notre volonté politique.

Par MJS 34 - Publié dans : Convictions
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